Juin 2017 : Participations au challenge AZ

Durant le mois de juin vous avez pu découvrir les articles du Challenge AZ.  Avec Arlette nous avons participé au Blog des promos du DU Généalogie de Nîmes.  Vous pouvez ainsi découvrir son texte “La révolte des aigles” qui a eu le 2e prix de la nouvelle des séniors de la ville de Nice.

Mais le respect de notre particularisme historique est souvent source de « boufaîsse »  si l’on ’écoute les commentaires de journalistes ou de touristes qui font des amalgames : non Nice n’a jamais été italienne ! 

Pour éviter cela nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir l’histoire de notre Comté à travers la lettre …

 

” N comme Nice ou plus exactement  «  Countea Nissa », car plus qu’une ville Nice est un Comté avec son histoire et son particularisme archivistique.  

Est-ce dû à  sa situation géographique entre les berges du Var et les cimes du Mercantour? Ces terres ont toujours suscité de l’intérêt.

Après le traité de Verdun en 864, le Comté de Nice passe successivement entre les mains des Comtes d’Arles, de la maison de Barcelone, de la république de Gênes pour réintégrer la Provence en 1216. Le mariage de Charles 1er d’Anjou avec Béatrice de Provence, le 31 janvier 1246, va être à l’origine d’une suite d’événements qui vont en sceller le destin.

Charles II puis Robert 1er lui succèdent et en 1343 sa petite-fille la célèbre Reine Jeanne hérite à son tour de la Sicile, de Forcalquier,  du Piémont et de la Provence. Malgré quatre unions, l’absence  d’héritier va provoquer le début d’une guerre de succession entre Charles de Duras (son cousin) et Louis d’Anjou (fils du roi de France – Jean le Bon).

Amédée VII de Savoie dit le « Comte Rouge » 1360-1391

À la différence du haut pays qui reste fidèle aux angevins, la ville de Nice prête serment à Charles de Duras dès 1381. Occupés à Naples et en Hongrie, les Duras ne pouvaient s’investir en Provence et répondre à la demande niçoise de secours contre les angevins. Le seigneur Jean de Grimaldi de Beuil prit l’initiative de négocier avec le comte Amédée VII de Savoie qui saisit cette occasion d’une conquête territoriale lui ouvrant un débouché sur la Méditerranée.

Le 28 septembre 1388 est la date du ralliement de la communauté moyennant un accord transitoire de trois ans, qui sera transformé en acte d’hommage définitif, en novembre 1391, faute de remboursement par les Duras des dépenses militaires engagées. Pour la ville de Nice, la charte de 1388 est un acte constitutif d’importance majeure qui lui garantit la jouissance d’une grande liberté municipale et lui donne le statut d’une dédition volontaire.

A l’exception de deux périodes françaises sous Louis XIV et durant la révolution suivie du  1er Empire,  La maison de Savoie va régner pendant près de 500 ans sur le Comté de Nice et va laisser son empreinte dans nos archives se distinguant ainsi des autres provinces françaises dans la tenue de l’état civil.

L’obituaire de l’ancienne cathédrale Sainte-Marie de l’Assomption, qui date du XVe siècle, est un des premiers registres connus. Même incomplet et ne mentionnant pas les années des décès recensés, ce document reste une base d’étude anthroponymique et une source d’information pour les historiens.

                 Nice en 1610 d’après Honoré Pastorelli                 Bibliothèque nationale de France, GED-733

L’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, impose le Français pour les actes officiels. Par l’édit de Rivoli, le 22 septembre 1561, le Duc Emmanuel-Philibert statue à son tour et décide de l’emploi d’une langue officielle l’ « italien », à l’exception de la Savoie qui remplaça le latin par le français.  

Dans le Comté, l’ « italien » avec ses variantes restera la langue officielle jusqu’en 1860, en dehors des périodes d’invasion française (1691 à 1713 et de 1792 à 1814).

 Après le concile de Trente, pour la première fois, des registres de baptêmes et de mariages sont mis en place par la Bulle « Sucut ad sacrorum concilio-rum » du pape Pie IV.

 Ces mesures ne seront pas adoptées dans le royaume de France, à la suite du refus du Parlement de Paris. 

 À Nice, dès le 16 avril 1564, le curé de Sainte-Réparate anticipe l’application prévue pour mai 1565.  Il faudra attendre mai 1588 pour les sépultures. Le premier acte écrit dans un amalgame de latin, de français et de patois, fait mention du baptême de l’enfant de Claude Rainart  et de ses parrain / marraine, mais son prénom n’est nullement indiqué !

Au début du XVIIe, la plupart des paroisses disposent de la triple série des registres.

Le duc Charles-Emmanuel 1er va renforcer les dispositions du concile, par l’édit de 1582, qui va en fixer les modalités et va instituer la tenue d’un registre unique pour les baptêmes, les mariages et décès en un seul exemplaire.  Ces dispositions seront confirmées par le duc Victor-Amédée 1er en 1633.

À contrario, l’édit de 1582 offre peu de précisions sur la forme et la rédaction des registres, hormis les mentions obligatoires prévues dans le concile de Trente : la mention du parrain et de la marraine pour les baptêmes et les éventuelles dispenses pour les mariages.  Les premiers enregistrements sont souvent très succincts et ne font pas mention de la filiation. La tenue des registres dépendait essentiellement de son rédacteur, qui avait une totale liberté sur sa mise en œuvre.

Malgré la tenue de registres unique et les risques y afférant,  les disparitions sont peu nombreuses et le fonds des archives diocésaines dispose de séries très complètes. Malgré tout, certaines paroisses importantes ne disposent pas de registres antérieurs à 1600 : Lantosque, Villefranche-sur-Mer…

 ⇒ Suite de l'article...
Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *